Solidarités

Diagnostic alarmant sur la santé des Bergeracois

Les Bergeracois sont-ils en bonne santé ? Les chiffres dévoilés par le Contrat Local de Santé laissent penser que le décrochage social de la population se traduit bien par une fracture sanitaire.

L’agglomération bergeracoise dispose d’un Plan Local de Santé. Ce Contrat est un dispositif innovant devant permettre d’améliorer l’état de santé de la population en conjuguant au mieux les politiques de santé publiques menées par l’Agence Régionale de Santé, les services de l’état, les collectivités territoriales et les organismes de protection sociale. Considérant les efforts déjà très importants menés par les médecins libéraux du territoire, les multiples intervenants dans le secteur de la santé, l’expérience réussie du pôle municipal de santé à Bergerac et de l’accompagnement financier de la construction de maisons de santé par la CAB à l’Est et au Sud de notre territoire, le présent contrat fixe également des objectifs qui dépassent largement le cadre de la seule problématique de la désertification médicale.

Le phénomène de décrochage social, tel qu’il a été diagnostiqué par plusieurs acteurs politiques locaux proches de la démarche de Bergerac avec Confiance est corroboré par des éléments de diagnostic qui accompagnent le Contrat Local de Santé. Bien au-delà de la simple thématique de la désertification médicale (aussi importante et fondamentale soit-elle), nous assistons à une véritable fracture sanitaire au sein de la population Bergeracoise.

La désertification médicale se traduit par une densité de 72 Médecins Généralistes pour 100.000 habitants qui est très inférieure à la densité moyenne française (qui est de 90, contre 99 en Nouvelle Aquitaine et 80 en Dordogne). Nous arriverions ainsi péniblement au chiffre de 44 médecins généralistes ; tout en gardant à l’esprit que 21 d’entre eux ont plus de 60 ans, soit 48% (contre 33% au niveau national). Mais si ne pas trouver un médecin généraliste est un problème fondamental que nous devons régler, encore faut-il aussi observer l’ampleur de l’exclusion vis-à-vis de la santé en générale, de la prévention sanitaire et du bien-être en particulier.

Nous sommes confrontés à des taux d’Interruption Volontaire de Grossesse et de grossesse chez les jeunes qui sont singulièrement plus élevés qu’ailleurs. Ce chiffre est d’autant plus inquiétant lorsqu’on sait qu’on ne dénombre que deux sages-femmes sur le territoire de la CAB.

Les affections de longue durée pour troubles mentaux sont également plus élevées sur le territoire de la CAB qu’ailleurs. Le taux de recours hospitaliers pour traumatisme y est également nettement supérieur. La surmortalité par suicide est un trait marquant du paysage local, dont les ¾ concernent des hommes âgés de plus de 60 ans. 20% des causes de mortalité des jeunes sont liées au suicide. Ce sont ces mêmes jeunes qui pour 54% des 16-19 ans ne déclarent n’avoir aucun médecin traitant et 79% pour les 20-24 ans. Enfin, sur notre Zone d’Animation Pédagogique (ZAP), 17,6% des jeunes de 6ème sont en surcharge pondérale contre 14,9% en Nouvelle Aquitaine ; ils sont près de 5% à être concernés par l’obésité contre moitié moins en Nouvelle Aquitaine. Quant à l’état dentaire de ces mêmes jeunes, il est considéré comme correct pour 78,8% en 6ème contre 85% en Nouvelle Aquitaine.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page