Sortir

Mauvais plan pour Beauplan

Qui se souvient de la petite salle communale de Beauplan ? Bergerac avec confiance revient sur les conditions de sa vente dans un quartier condamné à devenir dortoir.

C’était loin d’être la petite maison dans la prairie, peut-être pas la plus poétique et de couleur bleue, adossée à la colline, … mais la petite maison de Beauplan a donné bien du bonheur à des enfants et à des habitants du quartier. Le Conseil municipal de Bergerac a pourtant décidé de vendre cette salle communale, dans un quartier pour lequel un projet urbain avait vu le jour avec la démolition-reconstruction de la cité de Beauplan, au tournant des années 2010. Depuis 2014, plus rien, si ce n’est cette vente.

Chacun doit avoir conscience que la municipalité ne peut pas conserver la totalité de son patrimoine immobilier. Mais à l’heure où elle se questionne légitiment sur les modalités de déploiement de l’action de ses centres sociaux, la salle de Beauplan restait un point d’ancrage pour toute une partie Nord de la ville comprise entre la route de Mussidan et la route de Sainte Foy des Vignes, pour résumer. La démolition passée de la cité de Beauplan doit être immédiatement corrélée à la reconstruction de l’éco-cité qui lui a succédée et aux redéploiements de nombreux lotissements liés aux politiques de reconstruction de la Catte, notamment sur Beauplan de Rosette. Il est donc illégitime de supprimer un équipement public de proximité au cœur d’un quartier prioritaire au titre de la Politique de la Ville. Quand bien-même l’utilisation de cette salle n’était pas optimale (encore fallait-il l’entretenir et la promouvoir ; y compris dans un souci de mixité des usages), elle était un point d’ancrage bien utile pour la population. A force de vendre son patrimoine, la municipalité en vient à se priver de moyen dans ses objectifs de territorialisation de son action sociale.

Oubliée de l’ANRU, la cité de Beauplan sera démolie pour laisser la place à la première écocité à Bergerac

Quant à l’avenir de ce lieu, il y a beaucoup à dire. Il n’y a absolument rien à redire sur les acquéreurs privés de ce local communal. Leur souci d’y développer une activité économique est bien légitime et ils auraient bien torts de refuser l’opportunité foncière qu’offre la municipalité de Bergerac. En revanche, il faut se questionner sur le bien-fondé d’implanter une activité économique (qui n’est pas un commerce de proximité) sur un site isolé au cœur d’un vaste quartier pavillonnaire. Non loin de là, à proximité des établissements Colussi et des nouveaux locaux de l’imprimerie Charron , il existe une ébauche de zone d’activités qu’il conviendrait sans doute de valoriser. La Ville de Bergerac gagnerait en transparence et en efficacité de se doter de son propre règlement d’intervention dans le domaine de l’économie (compétence de la Région et de l’Agglomération). Elle ne peut pas jouer que sur le seul registre de l’évaluation du prix de vente par le service des domaines. En minorant de 10% le prix de vente, la Ville se livre à un jeu dangereux qui peut être source de contestations. En fin de compte, il n’était peut-être pas urgent de vendre la petite maison de Beauplan

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page