Environnement

Ils vivent dans la peur des inondations

Depuis quelques jours, Bergerac connaît un nouvel épisode climatique de très fortes pluies. Le 26 septembre dernier, le Pissessaume n’est pas parvenu à absorber le plus gros de l’épisode pluvieux qui s’est abattu sur la ville. De nombreuses habitations ont été impactées dans les quartiers du Foirail, de Campréal et de la gare notamment. Fortement touchés en juin 2018, les habitants du quartier du Tounet vivent dans la peur de nouvelles inondations. Bergerac avec Confiance leur donne la parole. Nous précisons, qu’à la demande de certains intéressés, nous avons convenu de préserver leur anonymat. 

Dans le quartier, tout le monde avait plus ou moins entendu parlé d’inondations. Les plus anciens s’en souvenaient : cela remontait aux années 1980, à une époque où le lotissement du Tounet était bien isolé, au sud de la rive gauche de Bergerac. Le lieu était prisé. Au tournant des années 2000, une vaste opération d’accession à la propriété y avait même été menée. Le risque inondable existait sur les documents d’urbanisme. Mais on vivait avec. Cela restait une hypothèse bien lointaine. Et puis vint la nuit du 5 au 6 juin 2018. La pluie tomba, sans discontinuer, des heures durant. Le paisible ruisseau de la Gabanelle est sorti de son lit, inondant la plupart du quartier. Le changement climatique n’épargne pas Bergerac et des épisodes cévenols de pluie touchent régulièrement notre territoire. Ce marqueur du climat méditerranéen se traduit par de très fortes précipitations, très concentrées sur un même lieu et provoque des inondations. Bien des travaux de restauration des ruisseaux ont été engagés. D’autres promesses se font encore attendre, le temps que des études précises permettent de mieux connaître les données topographiques.  Au-delà des dégâts matériels, restent la souffrance et l’angoisse des habitants dont voici quelques témoignages.

Je ne veux pas me réveiller avec les pieds dans l’eau. Je l’ai connu deux fois. C’est au-dessus de mes forces.

Un propriétaire du Tounet.

Depuis les inondations de juin 2018, ce jeune couple ne sait plus quoi faire : « On pense à vendre, bien entendu.  Mais à qui ? Tout le monde connaît le risque d’inondation maintenant. ».  La plupart des propriétaires du lotissement voyaient dans cet investissement l’aboutissement d’un projet de vie : « Devenir propriétaire, c’était pour nous la garantie de transmettre quelque chose à nos enfants. C’étaient aussi les économies de toute une vie que nous avions placées dans ce projet. » Bien des illusions ont été balayées au fur et à mesure que l’eau sortait des habitations dévastées. Mais au-delà de la perte économique, atténuée par la prise en charge des assurances, c’est l’angoisse qui demeure au moindre orage qui se déclenche. Le 26 septembre dernier, il est tombé, en une fin de nuit, l’équivalent d’un mois de pluie. « Dès que j’ai entendu la pluie, j’étais debout à surveiller. Nous avons essayé d’installer des sacs de sables. Mais nous nous sentons démunis » avoue un couple du quartier. Une autre dame avoue ne plus vouloir dormir chez elle, les nuits où de fortes précipitations sont annoncées : « Je ne veux pas me réveiller avec les pieds dans l’eau. Je l’ai connu deux fois. C’est au-dessus de mes forces. Il m’arrive d’aller dormir chez des amis. ». Un peu plus loin, une des rares locataires ne regrette pas d’avoir refusé un relogement ; elle a des habitudes dans le quartier. Mais elle sait, presque résignée, que si sa maison devait être à nouveau inondée, elle déménagerait.

Tout le monde a bien conscience que des efforts ont été entrepris pour tenter de réduire le risque d’inondation. En fin de semaine dernière, des agents de l’agglomération étaient mobilisés pour faire face, sans doute de manière illusoire. Mais la présence réconforte. Reste ce sentiment d’angoisse dès que la pluie arrive et que les eaux de la Gabanelle gonflent. « On se sent vulnérable. En attendant, tous nos meubles sont surélevés. »

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