Solidarités

La chasse aux mégots est ouverte à Bergerac

A Bergerac, comme dans beaucoup de villes, les mégots sont devenus un fléau. Le chiffre est connu ; il est terrifiant : un seul mégot pollue jusqu’à 500 litres d’eau. Il est temps de réagir comme l’association des Amis de la Dordogne et du Vieux Bergerac avait su le faire il y a dix ans déjà en mobilisant les pouvoirs publics pour équiper la ville de cendriers urbains. Aujourd’hui, c’est la Jeune Chambre Economique qui se saisit du dossier et insiste sur une démarche d’économie circulaire : les mégots peuvent être récupérés et recyclés.

Souvenez-vous de cette affiche « plantez des courgettes, pas des cigarettes », des enquêtes de type radio trottoir « Que faîtes-vous de vos mégots ? », plus récemment de ces drôles d’équipes de volontaires qui mains gantées de noir ramassaient les mégots dans le moindre recoin de rue… Vous savez oui que cette chasse aux mégots vient du dynamisme et de l’abnégation de la Jeune Chambre Economique de Bergerac, la JCE ? La belle aventure continue, ils sont tenaces tous ces jeunes, bonheur à voir ! [Nous précisons que ce texte n’a pas été rédigé par un membre de la Jeune Chambre mais par une rédactrice enthousiaste de l’initiative ; c’est aussi cela l’esprit de Bergerac avec Confiance, l’info.]

Une conférence a même été organisée avec les promoteurs, les soutiens, passés et futurs qui sait. Et bien d’autres pour mieux comprendre la vie d’un mégot. Avec Véolia, le circuit de l’eau, de nos robinets à la mer en passant par la station d’épuration. Le mégot est un réel déchet qui navigue pendant plus de 12 ans, n’en doutez plus. Avec éco@mégots, une jeune entreprise béglaise (33), soutenue au titre de l’économie sociale et solidaire par le Conseil régional de Nouvelle Aquitaine, est convaincue que ces filtres de cigarettes peuvent devenir de futurs objets plastiques.

Alors des cendriers aux quatre coins de la ville ? Un collectage pour un recyclage ? La balle est aussi dans le camp des collectivités locales… à suivre… Bien entendu, les sceptiques ne manqueront pas, comme les éternels rappels du combien ça va nous coûter encore. Il suffirait sans doute que les fumeurs soient mieux éduqués, voir qu’il n’y ait plus de de fumeurs du tout. C’est d’ailleurs une des remarques que nous pouvons adresser à la Jeune Chambre, celle de ne pas avoir forcément associer son projet et sa campagne à une démarche complémentaire sur la prévention et les ravages causés par le tabac.

Mais, en attendant, la cigarette, c’est comme l’amour, il y a les abstinents et les autres. M’est avis qu’il va y avoir quelques réactions. Mais oui ! Allez, fumeurs et non-fumeurs, pas de mégots-racisme, échangeons.

L’avis de Thierry LARELLE, médecin addictologue

Thierry LARELLE, s’occupe d’addictologie sur Bergerac et Périgueux

« Nous ne pouvons que saluer l’initiative de la Jeune Chambre Economique (JCE) de Bergerac de collecter les mégots pour les recycler.

Ces résidus composés de tabac, de filtre et de papier polluent de façon prolongée la nature (le filtre se décompose en 2 à 5 ans selon le milieu dans lequel il se trouve) : d’ailleurs de nombreuses villes ont déjà apposé devant leurs plaques d’égout l’information pertinente : « ici commence la mer ! ne jetez pas vos mégots ! ».

Mais si on complétait cette initiative citoyenne par une information sur le sevrage tabagique !

Le tabac est la 1ère cause évitable de décès : 73.000 décès en France par an.

Pensons ainsi aux cancers -ORL, pulmonaires rénaux, du sein… , maladies cardiovasculaires… 1 cancer sur 3 est en rapport avec le tabac ! Or 26 % de la population de de plus de 15 ans fume en France, 4ème pays européen plus gros consommateur après la Grèce, la Bulgarie et la Croatie.

Savoir ces faits moult fois rabâchés aux fumeurs dépendants, accros à leur « drogue » ne leur permet pas toujours, pour ne pas dire pas souvent, de renoncer à leur plaisir toxique.

D’où l’importance à mon sens, de promouvoir parallèlement l’aide au sevrage tabagique (et non la lutte contre le tabac) qu’elle soit dispensée par des professionnels de santé libéraux  sensibilisés à cette pratique (médecin, sage-femme, infirmièr(e)s, pharmacien(ne), dentiste, kinésithérapeute) ou par des associations telles l’ANPAA (Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie) ou le CEID (Centre d’Etude et d’Information sur les Drogues) proposant un accompagnement médico-psychologique adapté à chaque consultant.

Là seront proposées des entretiens motivationnels permettant de modifier le rapport au tabac permettant d’envisager l’arrêt, non comme une souffrance, une perte d’un plaisir, voire une contrainte ou une perte de liberté, mais au contraire comme la satisfaction de réussir à se libérer d’une « dictature » onéreuse et létale. Les désagréments engendrés par le « manque » (troubles de l’humeur, prise de poids, insomnie…) peuvent être combattus par les substituts nicotiniques (patch, gommes à mâcher, pastilles, inhaler) ou par le CHAMPIX°.

Ensemble, concourons à la préservation de la santé des futurs ex-fumeurs et à la préservation de la nature ! « 

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