Economie

Portrait : Maïté, la « maman du Védry ».

Il y a des lieux qui sont l’âme d’un quartier. Comment ne pas évoquer le Café Védry, place de la Madeleine, à Bergerac ? Derrière un commerce, c’est toujours la chance de la rencontre d’une personnalité qui finira par se confondre avec l’endroit. Bergerac avec Confiance – L’info vous propose de rencontrer Maïté que nous retrouvons, un samedi après-midi, dans son bar, le Védry, un des plus vieux cafés d’Europe. Rencontre avec une institution.

La Madeleine, c’est un peu le centre-ville de la rive gauche de Bergerac. Et le café Védry, c’est assurément le centre de la Madeleine. Quant à Maïté, c’est le Védry. Les portes de son établissement sont si souvent ouvertes qu’on finirait par en oublier les horaires officiels. Mais après-tout, la Madeleine est en soi une République et elle obéit à ses propres règles : tous les jours, l’établissement est ouvert (à l’exception du lundi matin et du dimanche après-midi).  Il aura fallu ce satané confinement de la COVID pour que le rideau soit tiré pendant de longues semaines. « Et pourtant, j’ai presque résisté. Je n’avais même pas fait attention à l’ordre de fermeture administrative décidé au début du confinement. J’ai ouvert jusqu’au dimanche matin, comme si de rien n’était. Et puis la police est venue. Et là, je n’avais pas d’autre choix ».  Oser fermer le Védry, c’est comme si l’esprit de Mirabeau venait encore à souffler au débouché du pont, sur ce giratoire des saumons. Ce serait prendre le risque d’opposer la force des baïonnettes à la volonté du peuple ; en l’occurrence à celle de Maïté. Même en délaissant notre glorieuse Révolution pour en revenir au sujet du jour, il faut bien comprendre qu’ici on ne s’en laisse pas conter.   Les mots repos ou vacances ne font pas partie du vocabulaire. Maïté, concède bien une petite semaine par an de trêve, mais pas plus.

Le client est roi. Mais n’allez pas croire qu’il peut tout se permettre. Ici, c’est Maïté qui commande. Et si le sourire est toujours de mise, elle sait cultiver le contact humain sans jamais se laisser déborder. « Je ne vais pas prendre des chemins de traverse pour venir vous dire ce que je pense » affirme du tac au tac cette native de la rive gauche. Lorsqu’elle reprend le Védry, en 2006, elle ne comptait plus les avertissements de ses proches : « Jamais tu ne tiendras ». Pourtant Maïté sait de quoi elle parle. Elle  a, pour elle, sa volonté et une forte expérience au service du café Riche ou du Rive Gauche à Naillac. Elle tient à « son petit bar de quartier où on est très famille ». Les clients sont fidèles et s’il peut leur arriver quelques incartades dans de nouveaux estaminets, l’attrait de la nouveauté ne résiste jamais longtemps au pouvoir d’attraction du Védry : « ils finissent tous par revenir » conclut Maïté, dans un de ses éclats de rires qui animent le lieu.

Le Védry est plus qu’un simple café de quartier. Cela tient à la personnalité de sa patronne. « Maïté, c’est une maman pour nous. On l’appelle et elle est là pour nous aider » nous déclare un des clients du bar présent lors de notre entretien. Maman, assistante sociale, confidente… Maïté est un peu de tout cela et c’est l’essentiel. Signe des temps et qui ne trompe pas…, et malgré sa très longue histoire, le Védry laisse peu à peu la place dans les usages à l’appellation plus personnelle de Chez Maïté. Une institution, on vous dit… on vous y attend.

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