Economie

La forêt cinéraire, une idée d’avenir pour Bergerac ?

Bergerac avec confiance – l’info est parfois source de propositions. Certes, le sujet n’est pas forcément le plus joyeux mais en ce jour des défunts, il reste d’actualité. Avec Toussaint, si nous avons souhaité aborder le thème de l’inhumation, c’est pour vous le présenter sous un autre angle, dans le respect des traditions et de l’environnement : avez-vous déjà entendu parler des forêts cinéraires ?  

Enterrer les urnes funéraires au pied des arbres est une pratique répandue en Allemagne. En  France, quelques sites privés et communaux ont été investis par ce concept. Si l’évolution de la législation ne permet plus, pour le moment, dans l’hexagone, de conserver les cendres et de les disperser dans le lieu de son choix, il reste néanmoins intéressant de prêter attention à des solutions alternatives aux traditionnels jardins du souvenir ou dépositoires. La forêt n’est-elle un indispensable de notre humanité pour nous y ressourcer, nous permettre de mieux respirer, de méditer sur notre propre destine nous évader ? Pourquoi ne deviendrait-elle pas une promesse d’éternité. Après une crémation, déposer une urne biodégradable au pied d’un arbre portant l’identité du défunt devient un geste symbolique qui relie la vie et la mort, permettant une continuité du cycle. Une démarche bien plus respectueuse de l’environnement que la construction et l’entretien de nos cimetières traditionnels.  

Il nous faut, un instant quitter Bergerac, pour nous rendre bien plus au Nord-Est du pays. C’est à Rheinau, ville située à la frontière entre la France et l’Allemagne, que nous trouvons une forêt cinéraire qui a permis la dispersion de plus de 1700 urnes. Chaque semaine, 6 nouvelles « inhumations » y ont lieu. Selon l’endroit choisi, les cendres peuvent être déposés au pied d’un arbre existant ou bien accompagner la plantation d’un nouveau sujet par la famille du défunt.  

Plus proche de nous, nous pouvons nous rendre à ARBAS, petite commune de Haute Garonne (31), aux pieds des Pyrénées. Nous y trouvons la dernière initiative française soutenue par une collectivité convaincue par le projet d’une entrepreneuse engagée dans une politique de développement durable. Elia Conte Douette a ainsi pu définir un périmètre d’un hectare sur une foret communale, en collaboration avec les parties prenantes dont l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Le projet suit son cours… et à titre d’information le coût d’une concession a été défini à 250 €. Alors que la pratique de la crémation se développe, la création de forêts cinéraire nous apparaît comme une solution d’avenir : sans être forcément des plus avant-gardistes, cette idée s’adresse à celles et ceux qui aspirent à donner un certain sens à la perpétuation du souvenir. Si la crémation est une pratique qui date de plusieurs milliers d’années, rappelons-nous que la première qui a eu lieu en France fut en 1889 (la loi l’autorisant alors). Pour les personnes qui font ce choix, reposer à jamais dans une forêt cinéraire pourrait être alors un bon compromis entre la dispersion des cendres et leur présence dans un colombarium classique, tel que nous le connaissons.  

Dans l’attente d’un évolution de la législation, il nous paraissait important de vous présenter les grandes lignes de cette idée, pour mieux en permettre l’appropriation.

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