Politique

Désorientation budgétaire au conseil municipal de Bergerac

Ce soir, le Conseil municipal de Bergerac devait prendre acte (selon la formule consacrée) des orientations budgétaires 2021. Cet exercice obligé était l’occasion pour la majorité municipale de confirmer ses projets et pour l’opposition de rappeler ses inquiétudes et la manière dont elle allait structurer ses interventions et ses actions futures. Comment construire un budget alors qu’il y a tant d’incertitudes ?

Nous sommes dans un contexte de crise économique majeure où les dépenses publiques ont complètement dérapé. Des mesures justifiées ont été prises pour protéger l’emploi, accompagner le chômage partiel, protéger les plus vulnérables, soutenir les commerces et les entreprises… et le pire reste sans doute à venir. Mais à défaut d’utiliser la planche à billets, ce sont des emprunts qu’il faudra bien finir par honorer. Et deux pistes seront suivies : la hausse des impôts de demain et la casse des services publics. Dans un contexte d’explosion des déficits publics, comment croire à la pérennité des dotations de l’Etat ou de ses compensations pour la suppression de la taxe d’habitation ? La municipalité bergeracoise n’attend pas que la présente crise se dissipe. Elle préfère avancer au pas de charge sans garantie sur ses recettes.  

Comment croire à la sincérité des orientations budgétaires proposées par le nouveau maire de Bergerac alors que l’incertitude domine sur les recettes futures, que la solvabilité de  la Mairie s’est dégradée tout au long de l’exercice 2020, que de nouvelles dépenses sont à prévoir pour faire face à l’imprévision (subvention d’équilibre à SAGS à prévoir). De l’aveu même de la municipalité : « le remboursement de la dette restera un poids important malgré les efforts de désendettement »… Alors pourquoi se précipiter à voter le budget 2021, dès le mois prochain, alors que la loi permet un délai jusqu’à avril prochain. La municipalité balaye d’un revers de main la proposition laissant dire, en aparté à Fabien RUET : «  la municipalité est en pleine nuit budgétaire ; les phares de sa voiture sont éteints. Le mur est à quelques mètres et ils accélèrent ».

Les orientations concèdent un effort à effectuer sur les charges des fonctionnaires, sans en préciser la nature. Quant aux projets d’investissement, c’est la profusion des opérations qui est annoncée dès 2021, comme si de rien n’était. Et c’est sans doute la principale faiblesse de ses orientations. Comment dépenser un argent qu’on n’a pas pour des projets comme la construction d’un super dojo, le centre des congrès… déjà les retards s’accumulent. La rénovation de la halle du marché couvert ne sera achevée qu’en 2023… Et puis des pans entiers des infrastructures sportives ont été oubliés comme le complexe du pont roux : hasard, mesquinerie politique ou oubli ? C’est un autre sujet mais on devrait en reparler.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page