Economie

COVID 19 à Bergerac : le désarroi des commerçants face au commerce en ligne.

Le confinement frappe durement les commerçants dans notre ville. Bergerac avec confiance – l’info s’est efforcé de recueillir un maximum de témoignages auprès des commerces non essentiels qui essayent de survivre. Agacés par les discours leur vantant les mérites du commerce en ligne, ils s’adaptent mais en ayant conscience d’essayer de limiter au maximum la casse.

La définition nationale des commerces essentiels laisse perplexe consommateurs et commerçants bergeracois. Pointons quelques éléments absurdes. Acheter un livre n’est pas un achat essentiel. En revanche acheter une télévision ou un lecteur de DVD est possible. Chacun jugera dans un pays qui se veut l’incarnation de l’exception culturelle. Les boutiques d’électro-ménager du Bergeracois doivent aussi concilier avec d’autres éléments absurdes. Ils peuvent vendre, en libre-service, des télévisions mais pas de réfrigérateur ou de machines à laver. Donc en cas de panne, il vaut mieux tout miser sur la télévision.

Beaucoup de commerçants se sentent stigmatisés par cette qualification de « non essentiels ». Ils se lancent dans des sites de commerce en ligne ; presque résignés et en ayant conscience que cela n’est pas la solution miracle. Il ne s’agit même pas de vouloir résister aux mastodontes, comme Amazon, du commerce en ligne. Non. Il s’agit juste d’essayer de limiter la casse. Alors, les Bergeracois s’adaptent. Et cela commence par les réseaux sociaux. Certains disposent de leur propre page Facebook ou d’un compte Instagram. De nombreux commerçants de vêtements y multiplient les publications ciblées sur un de leurs produits phares.  « Avec le recul, c’est une bonne manière de faire de la publicité ciblée pour un public qui peut potentiellement acheter » nous indique une spécialiste de la communication en ligne. Pour cette autre commerçante, qui possède plusieurs magasins dans Bergerac : « c’est une manière de gagner en visibilité. Mais nous sommes des commerçants. Nous faisons la différence par la qualité des produits que nous proposons. Un bon commerçant, c’est la qualité du conseil ».  Tout l’art consiste donc à essayer de conseiller au mieux dans ce contexte de distanciation généralisée.

Les pages facebook des commerçants de la rue de la Résistance, du quartier Sainte Catherine, de la rue du Mourier… sont mobilisées pour nous informer des commerces ouverts ou accessibles via des sites de cliques et de collectes.  Justement, sur ce dernier élément, de nombreux commerçants franchissent le pas et font l’acquisition de sites de vente en ligne. Il y a parfois même de la précipitation : « je l’ai fait par mes propres moyens ; j’ai presque honte. Mais je voulais aller vite » nous avoue un commerçant. Tous ont conscience que ce n’est pas leur cœur de métier mais un complément à leur activité traditionnelle. La vente en ligne ne les sauvera pas de la crise. Elle permettra d’en réduire l’impact. Mais comme l’avoue un des spécialistes de la mode masculine à Bergerac « on s’y prend trop tard. L’optimisation des réseaux sociaux, la promotion du site internet… tout cela doit se travailler sur le long terme ». Pour les commerçants bergeracois qui ont fait ce choix, certains constatent que cela leur permet de travailler un jour par semaine. « Les gens réservent la semaine et profitent du samedi pour venir chercher leur commande ».

Mais reste la principale angoisse : à quand un assouplissement du confinement. Les fêtes de Noël approchent : « nos magasins sont pleins. Nous avons des produits à vendre. Nos fournisseurs attendent d’être payés ».

NB : dans un futur article, nous traiterons spécifiquement de la problématique de la restauration.

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