Economie

Epicerie de la gare : cet arrêté d’interdiction qui ne passe pas.

Après avoir été convoqué à l’hôtel de ville de Bergerac, en compagnie des autres épiciers ouverts la nuit, Amrane Toumert n’en revient toujours pas. Le Maire souhaite prendre un arrêté pour lui interdire la vente d’alcool après 22 h.  

Une épicerie de quartier, c’est un point de repère pour ses habitants. L’épicier du coin, c’est celui chez qui on sait qu’on trouvera la bouteille d’huile, le pot de sel, la tranche de jambon qui vous manque toujours à la dernière minute. C’est aussi la solution de la dernière chance pour la personne qui, avant de se rendre chez des amis, ne viendra pas les mains vides parce qu’elle sait qu’elle y trouvera la bouteille de vin qui fait plaisir. C’est le point de ravitaillement de la dernière chance, quand votre réfrigérateur est vide et que vous venez de finir votre soirée de travail à l’hôpital et qu’il est plus de 22 h. La vie d’une supérette, ce sont ces multiples rencontres qui font la diversité d’un quartier, qui en font la vie. C’est aussi un difficile équilibre économique à trouver dès lors que vous restez ouverts jusqu’à minuit, dimanche et jours fériés compris.

Pour l’épicerie de la gare, comme pour les trois autres commerces du même genre qui sont présents sur Bergerac, l’annonce de la prise d’un arrêté municipal pour interdire la vente d’alcool après 22 h est vécue comme une injustice. Toute décision, pour qu’elle soit juste, doit être comprise. Force est de constater que les explications fournies par la Municipalité de Bergerac ne parviennent pas à convaincre. On parle de pétitions des habitants du quartier… pourtant la plupart des voisions en ignorent l’existence même. On cherche vainement des évènements qui pourraient accréditer l’idée d’un trouble à l’ordre public… Les structures d’hébergement d’urgence n’autorisent pas les sorties et les allers et venues nocturnes. Le confinement réduit les occasions de déplacements. Bref, cette décision d’interdire la vente d’alcool après 22 h ne passe pas.

« Nous sommes des gens responsables. Nous sommes des professionnels. J’ai quand même passé une formation pour la vente d’alcool. Cela m’est arrivé de refuser d’en vendre à des personnes qui visiblement étaient en état d’ébriété.» nous confie Amrane Toumert, le patron de l’épicerie de la gare. La situation est d’autant plus difficile économiquement que, restaurateur dans le quartier, il est déjà contraint à la fermeture jusqu’au 20 janvier minimum. Dans l’attente, l’arrêté d’interdiction a été annoncé, il n’est toujours pas notifié. Comment sera-t-il appliqué ? On peut se demander si nos forces de police n’auraient pas d’autres missions à accomplir que de vérifier les cabas de courses, passé 22 H.

Ironie du sort, la municipalité s’affiche dans le quartier de la gare, sur un grand panneau de 4 mètre sur trois, tout éclairé la nuit ; il appelle les habitants à soutenir les commerçants et artisans du cœur de ville.  Avec cet arrêté, certains dans le quartier en doutent.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page